Les journaux télévisés, les vidéos en ligne et les réseaux sociaux nous ont depuis de nombreuses années habitués aux images d’inondations catastrophiques, en particulier dans les zones habitées. Dans le sud de la France par exemple, les processus pluvieux peuvent être intenses et très localisés notamment pendant l’automne. Des masses d’air humide provenant de la Méditerranée, dont l’eau est encore chaude, provoquent ces pluies en se déplaçant vers les contreforts de la chaîne de montagnes des Cévennes. On parle donc d’événements « cévenols ». Les zones urbaines imperméabilisées sont alors fortement affectées par ces pluies. Les infrastructures telles que collecteurs et bassins de rétention saturent et le ruissellement sur les toits et dans les rues est susceptible de faire monter le niveau de l’eau de plus d’un mètre en moins d’une heure. Outre l’impact du changement climatique, la recrudescence des inondations urbaines des dernières années s’explique surtout par l’urbanisation croissante. Les grandes agglomérations concentrent en France la plus grande partie de l’accroissement de la population. Par rapport aux décennies précédentes, la population afflue désormais dans les communes périphériques des grandes villes au lieu de peupler leur centre. L’urbanisation s’accompagne d’une imperméabilisation conséquente des surfaces (habitations, zones d’activités, parkings, routes, etc.). Des pluies intenses qui, avant l’urbanisation, auraient pu s’infiltrer dans les sols ou être « amorties » par le milieu naturel sont maintenant transférées en surface, de façon très rapide sur les versants (surfaces inclinées) et dans les réseaux de collecte des eaux pluviales, qui peuvent déborder localement. Comme on construit principalement dans les zones plates (les fonds de vallées, les lits majeurs de cours d’eau), où l’eau s’évacue plus difficilement, le ruissellement qui résulte des événements pluvieux affecte désormais des zones qui, il y a quelques décennies, n’étaient pas habitées. L’urbanisation introduit donc une « double peine » : non seulement elle accroît les volumes d’eau qui ruissellent, mais de plus elle conduit à ce que les événements hydrologiques intenses affectent davantage de personnes et de biens.
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